Quelle est votre situation ?
Qu'est-ce que la sextorsion ?
La sextorsion est une forme de chantage sexuel : l'escroc menace de publier des contenus intimes de la victime (photos, vidéos) si celle-ci ne cède pas à ses demandes, presque toujours financières.
Cette cyberviolence exploite la honte et la peur pour contraindre la victime à payer. On parle aussi de chantage à la webcam, et de revenge porn ou image-based abuse lorsque les images sont effectivement diffusées.
Qui est visé, et où ?
Les victimes sont très majoritairement des hommes. Les femmes sont elles aussi visées, mais restent très minoritaires. Aucune tranche d'âge n'est épargnée.
Les escrocs recrutent leurs cibles sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, TikTok, Snapchat, WhatsApp, Telegram…), les sites de rencontre (Tinder, Meetic, Badoo, Grindr, Disons Demain…), les tchats de jeux en ligne…
Ils fréquentent aussi les sites de rencontre pour seniors, pour personnes veuves ou divorcées, les forums thématiques, les sites communautaires ou religieux. Ils n'ont aucune limite.
Depuis 2025, les sextorsions explosent sur TikTok, touchant de plus en plus les jeunes, voire les très jeunes.
Comment procèdent-ils ?
La sextorsion suit bien souvent un scénario rodé :
1. Le faux profil
L'escroc crée un profil, homme ou femme, avec des photos souvent volées à de vrais comptes Instagram, voire à des sites plus explicites comme OnlyFans.
2. La prise de contact
Deux approches : soit une phase de mise en confiance plus ou moins longue, en feignant de s'intéresser à la victime, soit au contraire une proposition d'aventure directement plus osée — et donc plus rapide.
3. Le passage en messagerie privée
L'escroc bascule la conversation sur WhatsApp, Telegram ou Signal. Il passe aussi souvent par Instagram ou Facebook pour récupérer des listes de contacts, qui serviront plus tard au chantage.
4. L'échange de photos intimes
Il réclame des photos ou vidéos dénudées et, de son côté, envoie des contenus intimes eux aussi volés pour mettre la victime en confiance.
5. Le chantage
Dès qu'il détient les images ou les vidéos, l'escroc menace de les diffuser à l'entourage de la victime et réclame de l'argent, par virement, carte prépayée ou coupon.
Les demandes de paiement
Les escrocs réclament des paiements difficiles à tracer et, le plus souvent, impossibles à récupérer — y compris les virements, surtout lorsqu'ils sont instantanés :
Virements bancaires
Très fréquents, souvent vers des comptes ouverts sous une fausse identité ou appartenant à des victimes manipulées qui servent d'intermédiaires (les « mules »).
Cartes prépayées
Cartes cadeaux Amazon, iTunes, Google Play ou autres cartes prépayées.
Coupons PCS, Transcash
Une fois le code du coupon transmis à l'escroc, l'argent est perdu.
Applications de transfert d'argent
TapTap Send, Sendwave, Orange Money, Wave, WorldRemit… Ces applications, souvent utilisées pour des transferts vers l'international, sont difficiles à tracer et l'argent envoyé est généralement irrécupérable.
Comment éviter les pièges
Ne jamais envoyer de photos ou vidéos intimes, même à une personne qui semble de confiance.
Refuser systématiquement les conversations intimes en vidéo.
Se méfier des profils récents ou avec peu d'amis — ou au contraire de ceux qui affichent des centaines d'abonnés accumulés en quelques jours.
Ne pas accepter de passer rapidement sur WhatsApp, Telegram ou une autre messagerie.
Vérifier l'identité de la personne par un appel vidéo imprévu ou des questions personnelles précises.
Parler à un proche de confiance au moindre doute.
Ne paniquez pas
Vous êtes victime, vous êtes tombé dans un piège, vous n'avez rien à vous reprocher. Le brouteur va tout faire pour vous mettre la pression et vous faire paniquer, pour que vous réagissiez dans l'urgence.
Soufflez un grand coup et prenez le temps de réfléchir : ce n'est pas si grave, les menaces ne sont bien souvent que ça : des menaces.
Dans la grande majorité des cas, les escrocs ne diffusent pas les images lorsque la victime cesse de répondre et de payer : leur objectif est uniquement financier et, dès que vous ne réagissez plus, ils passent à une autre cible.
Ne payez jamais. Si vous commencez, il ne s'arrêtera jamais : il demandera toujours plus, en devenant de plus en plus menaçant.
Vous n'êtes pas responsable
Les étapes à suivre
À faire immédiatement
1. Ne payez pas
C'est la règle absolue. Aucun paiement ne garantit l'arrêt du chantage ; il l'amplifie. Ne cédez pas, même à une première petite somme.
2. Capturez les preuves
Avant toute chose, faites des captures d'écran des messages de menace, du profil, des noms de compte, numéros et montants demandés. Ne supprimez aucune conversation : ce sont des preuves pour la police.
3. Coupez tout contact
Bloquez le brouteur sur toutes les plateformes en même temps (réseau social, messagerie, e-mail) et ne répondez plus à aucun message, même menaçant. Le silence est votre meilleure défense.
4. Passez vos comptes en privé
Rendez immédiatement privés vos comptes sur les réseaux sociaux pour couper l'accès à votre liste de contacts.
5. Appelez le 3018
Numéro national gratuit contre les violences numériques, ouvert aux jeunes jusqu'à 25 ans.
À faire après
Le 3018, pour les jeunes jusqu'à 25 ans
Protéger vos comptes et signaler ceux du brouteur
Pour chaque réseau sur lequel vous êtes présent : passez votre compte en privé. Bloquez et signalez également le profil du brouteur sur chaque plateforme utilisée.
Voir le guide détailléSignaler les contenus en ligne
Porter plainte en ligne
Tu n'as rien fait de mal
Si quelqu'un te menace de diffuser tes photos ou tes vidéos pour te forcer à payer ou à envoyer d'autres images, c'est lui l'escroc, pas toi. Tu es la victime.
Souffle un grand coup : ce n'est pas si grave, les menaces ne sont bien souvent que ça : des menaces.
Dans la grande majorité des cas, les escrocs ne diffusent pas les images quand tu arrêtes de répondre et de payer : ils ne veulent que de l'argent, et dès que tu ne réagis plus, ils passent à quelqu'un d'autre.
Ne paye jamais. Si tu commences, ça ne s'arrêtera jamais : il en redemandera toujours plus.
Parles-en à un adulte de confiance
Les bons réflexes
Ne paye pas
Payer n'arrête jamais le chantage : l'escroc en redemande. Même une petite somme, même une carte cadeau.
Ne réponds plus
Arrête de répondre, même s'il te fait peur, et bloque-le partout (Snap, Insta, WhatsApp, TikTok…).
Garde les preuves
Avant de bloquer, fais des captures d'écran des messages, du profil et du pseudo. Ne supprime pas la conversation.
Mets tes comptes en privé
Passe tes comptes en « privé » pour que l'escroc ne puisse pas contacter tes amis ni ta famille.
Contacte le 3018
Numéro national gratuit contre les violences numériques, c'est pour toi.
Signale le profil
Signale le brouteur sur chaque réseau que tu utilises.
Le 3018, c'est pour toi
Protège tes comptes et signale ceux du brouteur
Sur chaque réseau que tu utilises : passe ton compte en privé. Bloque et signale également le profil du brouteur sur chaque réseau utilisé.
Voir le guide détailléSignale les contenus en ligne
À l'intention des parents
Vous pouvez l'accompagner dans toutes les démarches : appeler le 3018, l'aider à bloquer et à signaler le profil du brouteur.
Porter plainte
Pour un mineur, la plainte doit être déposée en commissariat ou en gendarmerie, accompagné d'un adulte responsable.
À savoir : l'acte peut symboliquement aider à embrasser le statut de victime, mais peut aussi être traumatisant. C'est à vous, ensemble, de voir et de décider de ce qui est le mieux pour votre enfant.